Information réglementaire à destination des entreprises

OETH : lois, obligations et réglementation en vigueur en 2026

L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés impose aux employeurs concernés de déclarer leur situation, d’atteindre un taux d’emploi de 6 % de bénéficiaires de l’obligation d’emploi et, lorsqu’un écart subsiste, de calculer puis déclarer une contribution recouvrée par l’URSSAF.

20
salariés : seuil d’assujettissement à l’obligation d’emploi
6 %
taux légal d’emploi de bénéficiaires de l’obligation d’emploi
DSN
support de déclaration annuelle de l’OETH et de la contribution
URSSAF
organisme chargé du recouvrement de la contribution OETH
Obligation légale · Code du travail

Le taux d’emploi de 6 % : une obligation aux effets directs sur la contribution

Toute entreprise d’au moins 20 salariés doit employer des bénéficiaires de l’obligation d’emploi à hauteur de 6 % de son effectif. Depuis la fin de l’écrêtement, chaque bénéficiaire manquant se répercute pleinement sur la contribution annuelle, et l’absence prolongée d’action entraîne une contribution majorée. Chaque embauche, chaque contrat avec une entreprise adaptée, un ESAT ou un travailleur indépendant handicapé rapproche l’entreprise de la conformité.

Cadre légal

Que prévoit la loi ?

L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés est prévue par les articles L. 5212-1 et suivants du code du travail. Elle s’applique aux employeurs d’au moins 20 salariés, l’effectif étant apprécié au niveau de l’entreprise depuis 2020. Ces employeurs doivent employer des bénéficiaires à hauteur de 6 % de leur effectif d’assujettissement et déclarer leur situation chaque année dans la DSN d’avril.

Qui sont les bénéficiaires de l’obligation d’emploi ?

Sont notamment bénéficiaires : les personnes reconnues travailleurs handicapés (RQTH), les victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle avec une incapacité d’au moins 10 % et une rente, les titulaires d’une pension d’invalidité, de l’allocation aux adultes handicapés ou de la carte mobilité inclusion mention invalidité, ainsi que certaines victimes de guerre et sapeurs-pompiers volontaires.

Comment l’entreprise peut-elle s’acquitter de l’obligation ?

Par l’emploi direct de bénéficiaires, quelle que soit la forme du contrat (CDI, CDD, alternance, stage, intérim, mise à disposition), par des contrats de sous-traitance, de fourniture ou de prestations avec des entreprises adaptées, des ESAT ou des travailleurs indépendants handicapés, qui viennent en déduction de la contribution, ou par l’application d’un accord agréé en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés.

Calcul de la contribution

Comment la contribution est-elle calculée ?

Pour chaque bénéficiaire manquant, la contribution est égale à 400 fois le SMIC horaire brut pour les entreprises de 20 à 249 salariés, 500 fois de 250 à 749 salariés et 600 fois à partir de 750 salariés (article D. 5212-20 du code du travail). Le SMIC retenu est celui du 31 décembre de l’année concernée : pour la contribution 2025, déclarée en 2026, 11,88 €, soit 4 752 €, 5 940 € ou 7 128 € par bénéficiaire manquant.

Quelles dépenses viennent en déduction ?

Les contrats conclus avec des entreprises adaptées, des ESAT ou des travailleurs indépendants handicapés sont déduits de la contribution, sur la base de l’attestation remise par la structure. Certaines dépenses favorisant l’accueil, l’insertion ou le maintien dans l’emploi de personnes en situation de handicap peuvent également être déduites, dans les conditions prévues par les textes.

Que change la fin de l’écrêtement ?

L’écrêtement était un dispositif transitoire de la réforme de 2020, limité aux années 2020 à 2024. Il ne s’applique plus depuis la contribution 2025 : la contribution reflète désormais pleinement l’écart avec le taux de 6 %.

Contribution majorée (surcontribution)

Qu’est-ce que la contribution majorée ?

Elle s’élève à 1 500 fois le SMIC horaire brut par bénéficiaire manquant, quel que soit l’effectif (article D. 5212-21 du code du travail), soit 17 820 € par bénéficiaire manquant pour la contribution 2025. Elle concerne l’employeur qui, pendant plus de trois ans, n’a employé aucun bénéficiaire, n’a conclu aucun contrat avec une EA, un ESAT ou un TIH au-delà du seuil prévu et n’applique aucun accord agréé.

Comment éviter la contribution majorée ?

Il suffit de remplir au moins l’une des trois conditions sur la période de quatre années (les trois années précédentes et l’année de référence) :

  • employer au moins un bénéficiaire, en tant que salarié, stagiaire ou intervenant extérieur (intérim, mise à disposition), sans durée minimale de présence ;
  • conclure un ou plusieurs contrats avec une entreprise adaptée, un ESAT ou un travailleur indépendant handicapé, pour un montant de main-d’œuvre d’au moins 600 fois le SMIC horaire brut ;
  • appliquer un accord agréé.

Une seule embauche ou un seul contrat de sous-traitance suffit donc à sortir de la contribution majorée.

Comment s’apprécie la notion de « plus de trois ans » ?

La situation s’apprécie sur quatre années consécutives : les trois années précédant l’année de référence et l’année de référence elle-même. Une action réalisée au cours de l’une de ces années suffit à écarter la contribution majorée.

Déclaration et régularisation

Quand et comment déclarer ?

La DOETH est faite une fois par an dans la DSN du mois d’avril (déposée le 5 ou le 15 mai selon l’entreprise), au titre de l’année précédente. La contribution éventuelle est réglée en même temps à l’Urssaf, ou à la MSA pour le régime agricole. Les bénéficiaires sont, eux, déclarés chaque mois dans la DSN.

Comment corriger une déclaration ?

Une erreur se corrige par une DSN rectificative déposée par l’entreprise ou son gestionnaire de paie. Aucune « mise à jour » de la déclaration n’est réalisée par un tiers à la suite d’un appel : une proposition de ce type relève d’une démarche commerciale.

Contrôle et vigilance

Qui contrôle la déclaration ?

L’Urssaf, ou la MSA, contrôle la déclaration dans le cadre de ses contrôles habituels. Il est recommandé de conserver les justificatifs : reconnaissances des bénéficiaires, attestations annuelles des EA, ESAT et TIH, accord agréé le cas échéant et éléments de calcul de l’effectif.

Une société propose de « régulariser » ou d’éviter la contribution majorée ?

Aucun organisme public ne mandate de société pour démarcher les employeurs au sujet de l’obligation d’emploi. Une telle proposition est commerciale et sans caractère obligatoire ; il est recommandé de la vérifier avant toute suite. Vérifier une sollicitation reçue.

Être accompagné. Notre service analyse avec l’entreprise sa situation au regard de l’OETH et les actions adaptées : embauche, sous-traitance, déclaration.

1. Quel est le cadre juridique de l’OETH en 2026 ?

L’OETH est régie principalement par les articles L. 5212-1 à L. 5212-17 du Code du travail, complétés par les dispositions réglementaires correspondantes. Ce dispositif organise l’assujettissement, le calcul du taux d’emploi, les modalités de déclaration, les déductions et la contribution due lorsque l’entreprise n’atteint pas son obligation.

Tous les employeurs déclarent les bénéficiaires de l’obligation d’emploi qu’ils emploient. Les obligations renforcées prévues par le chapitre relatif à l’OETH s’appliquent aux employeurs occupant au moins 20 salariés.

2. Quelles entreprises sont concernées par l’OETH ?

L’obligation d’emploi s’applique aux employeurs occupant au moins 20 salariés. L’effectif et le franchissement du seuil sont appréciés selon les règles prévues par le Code de la sécurité sociale, avec les adaptations propres à l’OETH.

Point de vigilance

Le franchissement du seuil de 20 salariés doit être vérifié à partir des données sociales opposables. Une appréciation approximative de l’effectif peut fausser l’assujettissement et le calcul de la contribution.

3. Comment fonctionne le taux légal de 6 % ?

L’employeur assujetti doit employer des bénéficiaires de l’obligation d’emploi dans une proportion de 6 % de son effectif d’assujettissement. Le nombre de bénéficiaires attendus est déterminé à partir de l’effectif moyen annuel communiqué selon les règles applicables.

Les bénéficiaires effectivement employés sont comptabilisés selon leur durée de présence et leur temps de travail. Certaines règles de valorisation spécifiques peuvent également s’appliquer, notamment pour les bénéficiaires âgés de 50 ans et plus.

4. Quelles sont les obligations de l’employeur ?

1

Fiabiliser l’effectif d’assujettissement

Vérifier les données d’effectif servant à déterminer le seuil d’assujettissement et le nombre de bénéficiaires attendu.

2

Identifier les bénéficiaires BOETH employés

Recenser les situations ouvrant droit à la qualité de bénéficiaire et conserver les justificatifs correspondants.

3

Déclarer les données en DSN

Transmettre les informations individuelles et la déclaration annuelle selon le calendrier déclaratif applicable.

4

Calculer la contribution éventuelle

Déterminer les unités bénéficiaires manquantes, le barème, les déductions et le montant net dû.

5

Conserver les pièces justificatives

Archiver les éléments BOETH, attestations, factures et documents ayant servi au calcul déclaré.

5. Comment déclarer l’OETH en DSN ?

La situation des bénéficiaires employés est déclarée au fil de l’eau en DSN. La déclaration annuelle permet ensuite de renseigner les éléments nécessaires au calcul de l’obligation et, le cas échéant, de la contribution OETH.

L’entreprise doit notamment contrôler l’effectif d’assujettissement, le nombre de bénéficiaires employés, les éventuelles déductions, les dépenses déductibles et les données utiles au calcul de la contribution.

Calendrier déclaratif

La DOETH est intégrée à la DSN annuelle selon l’échéance fixée pour l’année concernée. Notre service recommande d’anticiper la collecte et le contrôle des justificatifs avant la période déclarative.

6. Quand une contribution OETH est-elle due ?

Une contribution est due lorsque l’entreprise n’atteint pas son obligation d’emploi après prise en compte des bénéficiaires employés et des règles applicables. Le montant brut dépend du nombre de bénéficiaires manquants, du SMIC horaire applicable et d’un coefficient lié à l’effectif de l’entreprise.

Effectif de l’entrepriseCoefficient de calculPrincipe
De 20 à moins de 250 salariés400 × SMIC horairePar bénéficiaire manquant
De 250 à moins de 750 salariés500 × SMIC horairePar bénéficiaire manquant
750 salariés et plus600 × SMIC horairePar bénéficiaire manquant

La contribution est déclarée en DSN et recouvrée par l’URSSAF. L’Agefiph demeure l’organisme affectataire des fonds dans le secteur privé, mais le paiement déclaratif relève du circuit URSSAF.

7. Quelles déductions peuvent être prises en compte ?

La réglementation prévoit plusieurs mécanismes susceptibles de réduire la contribution brute, sous réserve du respect des conditions et plafonds applicables. Il peut notamment s’agir des dépenses liées aux contrats conclus avec des entreprises adaptées, des ESAT ou des travailleurs indépendants handicapés, de certaines dépenses déductibles et, selon la situation de l’entreprise, de la prise en compte des emplois exigeant des conditions d’aptitude particulières.

Justificatifs obligatoires

Toute déduction doit être appuyée par une pièce conforme et rattachée à la bonne période de déclaration. Une facture seule ne suffit pas nécessairement lorsque la réglementation exige une attestation de déduction ou de valorisation.

8. Dans quels cas la surcontribution OETH s’applique-t-elle ?

Une contribution majorée, communément appelée surcontribution, peut s’appliquer lorsqu’une entreprise assujettie n’a engagé, pendant une période supérieure à trois ans, aucune action répondant aux critères réglementaires : emploi de bénéficiaires, contrats avec le secteur adapté ou protégé répondant au seuil requis, accord agréé ou application du montant minimal prévu.

Le montant est alors calculé sur la base de 1 500 fois le SMIC horaire par bénéficiaire manquant, quel que soit l’effectif de l’entreprise.

Risque financier renforcé

La prévention de la surcontribution suppose un suivi pluriannuel des actions réellement engagées et des justificatifs conservés. Une action ponctuelle non conforme ou insuffisamment documentée ne sécurise pas nécessairement la situation.

9. Que change la suppression de l’écrêtement ?

Les mesures transitoires d’écrêtement destinées à limiter certaines hausses de contribution ont pris fin. À compter de la contribution calculée sans ce mécanisme, l’entreprise doit déterminer directement sa contribution nette après application des déductions réglementaires autorisées.

Il convient donc de ne pas appliquer automatiquement un abattement d’écrêtement aux calculs 2026. Le montant déclaré doit résulter des règles de calcul en vigueur et des seules déductions justifiées.

10. Quels documents conserver en cas de contrôle ?

  • Les éléments servant au calcul de l’effectif d’assujettissement.
  • Les justificatifs relatifs aux bénéficiaires BOETH déclarés.
  • Les attestations remises par les entreprises adaptées, ESAT ou TIH.
  • Les pièces relatives aux dépenses déductibles.
  • Le détail du calcul de la contribution brute et nette.
  • Les DSN déposées et les éventuelles corrections apportées.
Sécurisation du dossier

Les données déclarées doivent pouvoir être rapprochées des pièces conservées. Notre service recommande de constituer un dossier annuel unique regroupant le calcul, les déclarations et l’ensemble des justificatifs.

Questions fréquentes sur les lois et obligations OETH

L’OETH s’applique-t-elle à toutes les entreprises ?+
Tous les employeurs déclarent les bénéficiaires qu’ils emploient. L’obligation d’atteindre le taux de 6 % et de verser, le cas échéant, une contribution concerne les employeurs d’au moins 20 salariés.
Une entreprise qui emploie moins de 6 % de BOETH est-elle automatiquement sanctionnée ?+
Elle peut être redevable d’une contribution OETH. Il ne s’agit pas d’une amende au sens strict, mais d’une contribution légale calculée selon le nombre de bénéficiaires manquants et les règles applicables.
Qui perçoit la contribution OETH ?+
La contribution est déclarée en DSN et recouvrée par l’URSSAF ou la MSA selon le régime de l’employeur.
La sous-traitance permet-elle de satisfaire directement le quota de 6 % ?+
Non. Les contrats conclus avec des EA, ESAT ou TIH n’augmentent pas le taux d’emploi direct. Ils peuvent ouvrir droit à une déduction de la contribution dans les limites réglementaires.
L’écrêtement peut-il encore être appliqué en 2026 ?+
Les mesures transitoires d’écrêtement ont pris fin. Le calcul doit être effectué à partir de la contribution brute et des déductions réglementaires effectivement justifiées.
Comment éviter la surcontribution OETH ?+
L’entreprise doit suivre ses actions sur une période pluriannuelle, employer des bénéficiaires ou engager une action reconnue par la réglementation, puis conserver les justificatifs correspondants.

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Notre service assure l’information, le cadrage et l’accompagnement relatifs à l’OETH et à la DOETH : compréhension de la contribution, vérification des obligations, orientation et sécurisation des justificatifs.

Pour faciliter l’analyse : préciser l’effectif, l’année concernée, l’échéance déclarative et les actions déjà engagées.

Vigilance : en cas de sollicitation inhabituelle concernant l’OETH ou la DOETH, consultez les informations de vigilance.Vigilance : en cas de sollicitation inhabituelle concernant l’OETH ou la DOETH, consultez les informations de vigilance.Vigilance : en cas de sollicitation inhabituelle concernant l’OETH ou la DOETH, consultez les informations de vigilance.
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